12 avr 10

Les méthodes décrites ci-dessous ne concernent que la phase de fermentation active. La phase de maturation quant à elle se déroule habituellement à l’air libre en tas de grande dimension.

À l’air libre

On construira cependant un auvent au dessus des composts en fermentation afin de les protéger des pluies excessives ou de la dessication par le vent et le soleil.

En fosse

La méthode de compostage en fosse est la pratique la plus anciennement employée mais conduit rapidement à des conditions anaérobies. La fosse est creusée dans un endroit abrité et bien isolé. Les déchets organiques y sont disposés en couches d’une vingtaine de centimètres d’épaisseur, alternant les produits riches en azote (type ‘N’) et ceux riche en carbone (type ‘C’). Ils sont ensuite recouverts d’une épaisse couche de paille (isolation) puis d’une couche de terre d’environ 10 cm d’épaisseur. Cette méthode est très lente et partiellement anaérobie car aucun apport ultérieur d’eau ou d’air n’est effectué. Elle est réservée à l’amateurisme et aux climats frais (meilleure isolation) ou secs (réduction des pertes en eau). Sous un climat tempéré, cette méthode provoque l’apparition de mauvaises odeurs (décomposition anaérobique).

En tas

C’est la méthode de compostage la plus commune. Les déchets sont rassemblés en andains de longueur (La longueur d’un objet représente la distance entre deux de ses extrémités, les plus éloignées possibles. Lorsque…) indéfinie et dont la hauteur dépend à la fois de la porosité à l’air du compost (plus elle est élevée, type ‘P’, plus le tas peut être haut) ainsi que de la fréquence (Cet article ou cette section doit être recyclé. Sa qualité devrait être largement améliorée en le réorganisant et en le…) et de la méthode d’aération choisie (une fréquence élevée et/ou une aération par ventilation forcée autorisent des tas plus importants).

compostage_tas

En couloir

Cette méthode est fort semblable à la précédente, mais les andains sont ici compris entre deux murets latéraux. Elle permet parfois une installation plus aisée des dispositifs d’aération mais nécessite un investissement plus important. On dispose également de moins de flexibilité pour l’organisation ou la modification du chantier de compostage.

En enceinte close ou ‘digesteur’

Le principe commun des procédés de fermentation dite ‘accélérée’ est basé‚ sur le séjour plus ou moins rapide des déchets dans des dispositifs appelés digesteurs. Un digesteur est une enceinte fermée à l’intérieur de laquelle il est possible de contrôler le déroulement de la fermentation en agissant essentiellement sur l’aération. Les déchets entrent en général par une extrémité du dispositif et ressortent, en fin de fermentation, à l’autre extrémité. Le brassage et l’aération des matériaux sont le plus souvent réalisés en continu.

compostage_digesteur

Silo vertical (tour)

De nombreux dispositifs existent, plus ou moins complexes, mais leur principe reste le même. Les déchets sont acheminés, via une bande transporteuse, au sommet de la tour de digestion. Ils descendront soit au moyen de vis sans fin ou de racleurs en suivant une succession de plateaux, soit par gravité. À chaque niveau, ou dans la masse du compost, sont installés des tuyaux d’aération permettant d’oxygéner le milieu. En fin de fermentation, le compost est récupéré à la base de la tour.

Biostabilisateur

Le digesteur est disposé ici, non plus verticalement, mais horizontalement. Il s’agit en fait d’un cylindre (Un cylindre est une surface dans l’espace définie par une droite (d), appelée génératrice, passant par un point…) rotatif d’une longueur de 25 à 35 mètres et d’un diamètre de 3 à 4 mètres. La rotation continue du cylindre, à l’intérieur duquel sont fixées des plaques déflectrices hélicoïdales, permet d’assurer à la fois le brassage et l’aération du produit ainsi que sa progression vers l’extrémité du dispositif. La durée de séjour des déchets à l’intérieur du biostabilisateur est de l’ordre de 4 à 6 jours, après quoi ils sont transférés sur l’aire de maturation.

Mode d’aération

Comme nous l’avons déjà indiqué, l’aération du mélange en compostage est essentielle durant la phase de fermentation active. Plusieurs méthodes existent, mieux adaptées à l’une ou l’autre méthode de compostage ou à une échelle de travail plus ou moins grande.

Aération passive et méthode chinoise

Dans les systèmes traditionnels de compostage en tas, seule la porosité de celui-ci assure l’aération de la masse. On est donc limité à des tas de faibles dimensions et à des composts à porosit‚ très élevée (type ‘P’, grosses particules). Les Chinois ont amélioré ce système en installant des faisceaux de bambous lors de la constitution du tas. Ces bambous sont ensuite retirés après 1 ou 2 jours, laissant libres des orifices plongeant jusqu’au milieu du tas et par lesquels l’aération peut se faire plus activement.

Brassage des matériaux

L’oxygénation la plus efficace d’une masse en fermentation chaude est obtenue par son retournement. Le brassage complet permet également d’assurer une fermentation plus homogène de toute la masse, chaque particule évoluant suffisamment de temps au centre du compost, où la température est la plus élevée. Entre les retournements, la partie extérieure du tas évolue en aérobiose par aération passive (voir paragraphe précédent) pendant que le taux d’oxygène au centre du tas diminue rapidement. La fréquence et la qualité des retournements sont donc les paramètres fondamentaux de cette technique.

Selon la dimension du chantier de compostage, le brassage se fera à la fourche (main d’œuvre manuelle), au moyen d’un engin de travaux publics (pelle chargeuse sur pneus), ou au moyen de machines spécialisées.

Aération active par soufflerie

Contrairement aux techniques précédentes, l’apport d’oxygène pendant la fermentation est ici continu. Les andains à aérer recouvrent un réseau de tuyauteries perforées sur toute leur longueur et reliées à un surpresseur. La puissance du surpresseur est fonction du volume et du tassement de la masse à aérer.

Aération active par aspiration (méthode Beltsville)

L’apport d’air frais est réalisé ici par aspiration au travers des andains suivant un schéma identique à celui de la méthode précédente (si ce n’est que le surpresseur est remplacé par un aspirateur). Le dispositif par aspiration est à préférer à celui par soufflerie car l’air aspiré a moins tendance à emprunter des chemins préférentiels, ce qui serait préjudiciable à l’efficacité de l’aération. On prévoira cependant un filtre, qui peut être simplement un tas de compost mature, à la sortie de l’aspirateur afin d’éliminer les odeurs. La ventilation peut être combinée, si on le désire, avec le brassage des matériaux décrit plus haut.